Éric Leblanc mercredi, 30 janv. 2013. 17:36

Ce n’est pas parce que l’Impact de Montréal mise sur un noyau plutôt intact ainsi qu’une saison d’expérience en MLS que le deuxième camp d’entraînement de son histoire allait baisser en intensité et un minuscule incident entre Marco Di Vaio et Karl W. Ouimette est venu prouver ce point.

Si la stabilité est au rendez-vous du côté des joueurs, ces derniers doivent tout de même prouver leur valeur à leur nouvel entraîneur Marco Schällibaum. Le pilote d’expérience apprécie la découverte de son groupe et il a pu constater mercredi qu’ils veulent tous démontrer leur combativité.

En plein cœur d’une séance d’entraînement bien ficelée, Ouimette et Di Vaio ont été impliqués dans une prise de bec. Di Vaio n’a pas semblé apprécier l’attitude du jeune défenseur et il a lui servi une petite gifle au visage pour lui faire comprendre son mécontentement.

Les deux hommes ont réglé cela avec professionnalisme en discutant de la situation pendant quelques minutes et Ouimette a aussi reçu les consignes de son entraîneur au moment de retraiter au vestiaire.

«Quand les joueurs se battent pour le ballon, ça arrive que des contacts se produisent et que les réactions dépassent légèrement la limite. Mais l’important, c’est que Marco a très bien réagi en parlant avec le jeune. Ensuite, j’ai parlé avec Karl pour lui indiquer que parfois c’est mieux de ne rien dire sur le coup et d’aborder le sujet avec le joueur concerné après l’entraînement quand les émotions sont moins élevées», a expliqué le Suisse qui a dû élever le ton à une occasion car il était insatisfait de l'exécution des siens.

«Ce sont de petits événements mineurs quand il y a beaucoup d’intensité à l’entraînement. L’entraîneur m’a dit que tu dois faire ta place tout en respectant l’expérience des autres et j’ai apprécié l’attitude très professionnelle de Marco (Di Vaio) de venir me parler», a souligné Ouimette.


Cette anicroche n’a absolument pas altéré la qualité de cette autre journée de perfectionnement à laquelle a assisté le président Joey Saputo. D’ailleurs, les entraîneurs sont emballés par la cadence déployée depuis le jour 1 du camp, le 21 janvier.

«Le camp progresse bien, le rythme est très bon. Les joueurs sont arrivés en grande forme et ça se voit dans le jeu. La première différence par rapport à l’an passé, c’est que nous étions une nouvelle équipe. Cette année, nos joueurs ont suivi des programmes d’entraînement après la saison et ça se voit», a confié Mauro Biello.

Habituellement, les entraîneurs préfèrent vanter le groupe au lieu d’encenser quelques joueurs en particulier, mais l’adjoint de Schällibaum n’a pas hésité à souligner la condition physique des vétérans Di Vaio, Matteo Ferrari et Jeb Brovsky.

Les piliers de l’Impact ont rapidement remarqué des différences par rapport au camp de 2012 sous les ordres de Jesse Marsch. Patrice Bernier, le joueur par excellence de la dernière édition, remarque quelques bénéfices.

«L’an dernier, nous avions entamé le camp vraiment en puissance et j’ai senti qu’on a perdu un peu d’énergie pour finir nos matchs en début de calendrier. Maintenant, on commence plus avec la fondation pour pouvoir durer pendant tout un match et la saison entière », a dévoilé Bernier tout en insistant sur les voyages moins nombreux du camp d’entraînement.

Une relève qui fait écarquiller les yeux

En 2012, les amateurs québécois ont obtenu la chance de découvrir une équipe plus talentueuse en vertu de son saut en MLS. À regarder les étincelles produites par les quelques joueurs de la relève présents au camp de l’Impact, les partisans n’ont pas fini de se régaler au cours des prochaines années.

À cette étape du camp, le nom de Zakaria Messoudi a ressorti du lot, mais les autres espoirs ne sont pas à négliger. Mercredi, ce fut au tour de Maxim Tissot d’épater la galerie. De son poste de défenseur latéral gauche, le joueur de 20 ans a réussi un centre tout simplement parfait par-dessus quelques adversaires donnant un but de la tête en cadeau à Di Vaio. Cette réalisation aurait certainement été en nomination pour le but de la semaine s’il avait été réussi dans un match régulier.

D’ailleurs, l’Impact a l’intention de combler son troisième poste de joueur canadien par un membre de la relève de l’organisation.

«Les jeunes en provenance de l’Académie possèdent de bonnes qualités techniques et tactiques. Si on détient le potentiel ici, je ne vois pas pourquoi on irait le chercher ailleurs. Présentement, on parle d’un groupe de quatre ou cinq joueurs intéressants qui devraient progresser et s’approcher graduellement du onze partant», a révélé l’entraîneur qui se familiarise tranquillement – et avec plaisir - à l’accent québécois.

«S’ils font l’équipe, ce sera une année d’apprentissage pour eux. Ensuite, ils doivent convaincre l’entraîneur qu’ils ont leur place dans la formation», a ajouté Biello.

Bernier était le premier à le souligner, ces éclats de brio des jeunes joueurs ont commencé lors du voyage d’équipe en Italie.

«Dès ce moment, on a constaté leurs possibilités intéressantes et ils ont démontré de belles choses avec le nouvel entraîneur qui exige du jeu plus rapide. Certains ont fait un peu mieux et ça varie parfois selon les journées, mais l’important c’est qu’ils se développent», a complimenté Bernier.

Étant donné son statut, il comprend qu’il assumera un rôle de leader non seulement auprès des espoirs, mais aussi de tous ses autres coéquipiers.

«Je ne crois pas avoir un rôle différent cette année outre le fait qu’on m’en demandera davantage dont au niveau de gérer et de parler avec les joueurs. C’est vrai que nous avons plusieurs joueurs très expérimentés, mais en tant que milieu de terrain tu as une responsabilité d’organiser et dicter le travail de ta troupe», a confirmé l’habile numéro huit.

Du 7 au 24 février, l’Impact poursuivra son camp en Floride et disputera quatre rencontres préparatoires. À partir de ce moment, les yeux des amateurs risquent de se tourner davantage vers l’équipe qui souhaite faire connaître ses joueurs plus en détails à son public.